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Gagner sa vie avec l’autoédition

Crédit photo : Derick David sur Unsplash

 

Dans l’un des premiers articles du blog, Peut-on vivre de la vente de ses livres ? je me suis intéressé à la question des revenus tirés de la vente de livres dans le cadre de l’édition classique. Aujourd’hui, je m’interroge sur la possibilité de gagner sa vie avec l’autoédition numérique. J’en profiterai pour faire un petit comparatif avec l’édition traditionnelle.

 

 

Les conditions de vie difficiles des auteurs édités

Comme le soulignent Cahier et Sutton dans Publier son livre à l’ère numérique, « La question de la rémunération des auteurs est au cœur des enjeux de l’autoédition ». Dans l’article cité précédemment, j’expliquais que la vente de leurs livres par le biais de l’édition classique permet très rarement aux auteurs d’en vivre et qu’ils doivent généralement exercer une autre activité professionnelle. Loin de s’améliorer, leur situation est devenue encore plus précaire ces dernières années. Pour rappel, « un auteur de livres perçoit en moyenne 1 € par exemplaire vendu ! » (d’après le Guide des auteurs de livres 2017). Quant aux ventes, elles dépassent rarement les 1000 exemplaires pour un premier roman. Et encore, nous ne parlons que des auteurs « chanceux » qui ont réussi à trouver un éditeur, sachant que le taux moyen d’acceptation d’un manuscrit chez un éditeur est de l’ordre de 2% (Annuaire à l’Usage Des Auteurs Cherchant un Éditeur).

Pour résumer, les auteurs ont une probabilité très faible de trouver un éditeur. Et s’ils y parviennent, ils ne gagneront sans doute pas grand-chose.

Est-ce mieux du côté de l’autoédition ?

Étant donné le contexte morose de l’édition traditionnelle et la difficulté pour un auteur de percer, il n’est pas surprenant que l’autoédition suscite de plus en plus d’intérêt. Le premier chiffre qui attire l’attention des auteurs est le pourcentage de la redevance promise par de nombreuses plateformes d’autoédition numérique : 70% du prix hors taxes. « C’est énorme ! », me direz-vous, si l’on compare aux 8-10% de l’édition classique. Il convient cependant de regarder cela de plus près.

Une redevance plus élevée, un prix de vente plus faible

Si le prix moyen des livres numériques est censé se situer 7,70 € en France, le prix de vente des ebooks autoédités est beaucoup plus bas. On oscille généralement entre 0,99 et 5,99 € TTC. Avec Amazon, le prix doit se situer entre 2,60 et 9,60 € TTC pour pouvoir bénéficier de la redevance à 70%. Sinon, celle-ci tombe à 35%. Pour un livre à 2,99 €, le montant perçu par l’auteur sera proche de deux € (1,98 €, en prenant en compte la TVA à 5,5%). Ce montant est marginalement supérieur à ce que touchera un auteur édité avec un livre imprimé à 20 € TTC et un droit d’auteur à 10%, soit 1,89 € par exemplaire vendu. Donc, en gros, vous pouvez toucher à peu près le même montant par exemplaire, voire plus. Attention toutefois si vous passez par des agrégateurs-diffuseurs tels que Immateriel.fr, votre redevance sera amputée de 25% de commission.

Des ventes difficiles à prévoir

Vendrez-vous plus d’exemplaires en autoédition numérique ? Pas sûr. Nous avons vu sur ce blog qu’il est très difficile de dépasser les 1000 exemplaire pour un premier roman édité. Pour Cahier et Sutton, il est cependant hasardeux d’affirmer qu’un auteur autoédité vendra plus d’exemplaires. Certes, il existe quelques success stories dans le domaine de l’autoédition numérique (Mémé dans les orties d’Aurélie Valognes, par exemple), mais sans doute font-elles figure d’arbres qui cachent la forêt.

Vous n’avez rien à perdre si vous n’avez pas d’éditeur

Bon, si vous n’avez pas trouvé d’éditeur, vous n’avez de toute façon rien à perdre en tentant l’autoédition. D’autant que vous conservez les droits de reproduction sur votre oeuvre et pourrez toujours négocier plus tard avec un éditeur. On ne sait jamais. Si vos livres marchent bien en autoédition, ils pourront toujours attirer l’attention d’une maison d’édition classique (c’est le cas de Jacques Vandroux avec Robert Laffont). À mon avis, mieux vaut s’autoéditer que signer avec un éditeur mal distribué qui vendra peu et à qui vous devrez céder vos droits.

Auteur autoédité : plus de travail, mais plus de contrôle

Pour finir, rappelez-vous que l’auteur autoédité est un « auteurpreneur », c’est-à-dire à la fois un auteur et un entrepreneur. En plus de l’écriture, il doit aussi se charger de l’édition (relecture, corrections, mise en page, couverture, conversion de fichiers) et de la promotion de l’ouvrage. Il pourra toujours sous-traiter certaines de ces tâches, mais avec un impact sur ses revenus. L’avantage de l’auteur autoédité est qu’il a un contrôle total sur le lancement de ses livres. De même, la reddition des comptes et le paiement des droits sont beaucoup plus rapides à travers les plateformes d’autoédition qu’avec les maisons d’édition traditionnelles.

Voilà, j’espère que cet article sur la possibilité de gagner sa vie avec l’autoédition vous sera utile. N’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous.

À bientôt,

Frédéric

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