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Écrire des scènes captivantes

Crédit photo : Jake Blucker sur Unsplash

Dans l’article précédent, nous avons vu comment Écrire des scènes pertinentes afin que celles-ci s’enchaînent parfaitement tout en déroulant votre intrigue de A à Z. Aujourd’hui, nous allons détailler une série de conseils pour Écrire des scènes captivantes, afin que celles-ci aient plus d’impact sur le lecteur.

C’est parti !

Privilégier l’action

Nous avons expliqué dans l’article antérieur que pour qu’une scène soit pertinente il fallait qu’elle fasse avant tout avancer l’intrigue du roman. Pour cela, il convient de centrer la scène sur l’action, pas forcément des bagarres et des poursuites, mais il s’agit de faire en sorte qu’il se passe toujours quelque chose. On recommande souvent d’entrer le plus tard possible dans la scène et d’en sortir le plus tôt possible pour ne pas lasser le lecteur.

Étoffer vos scènes avec des éléments essentiels

La progression de l’intrigue est l’aspect le plus important, mais vous pouvez tout de même étoffer vos scènes en fournissant d’autres informations essentielles : caractériser des personnages, illustrer le contexte ou le thème de l’histoire, exprimer les enjeux (on y reviendra), placer des éléments pour préparer des scènes futures (voir le fusil de Tchekhov), etc.

Donner chair à vos scènes avec du mouvement

Vos scènes sont centrées sur des personnages en action. S’ils prennent vie sous votre plume, vos scènes en seront plus vivantes. Pour cela, il faut du mouvement : physique (déplacement – on y reviendra en évoquant la mise en scène), sensoriel (pensez à mobiliser les cinq sens) et émotionnel. En ce qui concerne ce dernier aspect, faites en sorte que l’émotion de la fin de scène soit différente de celle du début. Vous pouvez utiliser les quatre émotions de base : joie, peur, tristesse et colère,  ou travailler avec une palette plus large comme la roue des émotions de Plutchik.

Impliquer le lecteur

Dans l’article précédent, nous avons insisté sur l’importance du conflit dans l’intérêt de l’histoire. Les difficultés du protagoniste à atteindre ses objectifs contribuent grandement à l’empathie ressentie par le lecteur, n’ayez pas peur de les pousser à leur paroxysme. Il en est de même pour l’importance des enjeux (ce que les personnages ont à gagner ou à perdre). Pensez donc à mettre en évidence des enjeux forts en relation avec les objectifs des personnages. On tremble plus pour un héros qui joue sa vie que pour un protagoniste qui risque juste de perdre son emploi.

Pour que le lecteur soit véritablement impliqué, il faut qu’il ressente des émotions. Tout doit concourir au mouvement émotionnel évoqué plus haut, ce que vivent les personnages, l’atmosphère et le lieu (à choisir en fonction des possibilités narratives, du caractère symbolique, etc.). Pour chaque scène, réfléchissez aussi au point de vue le plus à même de véhiculer l’émotion principale : focalisation interne, externe ou zéro.

Jouer sur le rythme et varier le type de scènes

Pensez à alterner différents types de scènes, des scènes rapides qui débutent in medias res et des scènes plus lentes. Nous avons vu dans l’article précédent qu’il existait des scènes – action, plus rythmées, et des scènes – réaction plus introspectives.

Vous pouvez également maintenir l’intérêt du lecteur en alternant narrations descriptives et dialogues, ralentis et sommaires (séquences longues et séquences brèves), temps forts et temps faibles, phrases courtes et phrases longues. Le contraste contribue à l’impact des scènes, tout est question de dosage.

Faire de la mise en scène

Au moment de l’écriture des scènes, on recommande généralement de se représenter en 3D et en mouvement ce que l’on essaie de décrire, de le visualiser comme s’il s’agissait d’une scène de cinéma. On pose ses caméras en choisissant le meilleur angle. Parfois, on fait un croquis et on mesure les distances, ou on joue soi-même la scène. Chaque lecteur va ensuite recréer sa propre image à partir des détails fournis par l’auteur. On ne peut/doit pas tout décrire, il faut donc se concentrer sur les éléments essentiels, ceux qui ont le plus d’impact, et éliminer les détails inutiles. Il convient surtout de ne pas sous-estimer l’intelligence de ses lecteurs.

Vous avez sans doute lu cette célèbre formule « show, don’t tell!  ». Au lieu de dire que votre personnage est en colère, il est préférable de mettre en évidence sa colère à travers son comportement. Stephen King explique la différence entre dire « C’était une vieille maison sinistre » et le montrer par le biais d’une description évocatrice qui amène le lecteur à cette conclusion. C’est la différence entre une idée et une image, seule cette dernière provoque des émotions.

Entretenir le suspense

Le but premier d’une scène est de faire avancer l’intrigue, c’est-à-dire la succession de faits et d’actions qui forment la trame du roman. Ce qui maintient l’intérêt du lecteur, c’est le mystère quant à la suite de l’histoire. Faites-lui sentir que vous lui cachez quelque chose et semez des indices au fur et à mesure du développement du récit. En ménageant vos effets de surprise, vous contribuerez à l’entretien du suspense tout au long du texte.

Le séquencier (ou scène à scène)

Le séquencier, appelé également « scène à scène », est un document synthétique qui va vous permettre de rassembler l’information importante de toutes vos scènes mises bout à bout. Je pense que le format le plus pratique pour ce travail est celui d’un tableau, qui peut être réalisé sous Word, Excel ou tout autre logiciel de votre choix. Chaque ligne représente une scène et chaque colonne un élément de la scène (résumé, personnage principal, objectif, obstacles, enjeux, émotions, etc.). Une fois conçu, ce tableau peut vous aider à écrire vos scènes en vous fournissant un cadre qui contient toutes les rubriques indispensables. Il est aisé de le modifier et de le mettre à jour. Si vous souhaitez changer la position d’une scène, il suffit de déplacer la ligne du tableau. Ce format vous permet également de vérifier facilement la cohérence de l’enchaînement des scènes.

Si vous gérez plusieurs intrigues (une intrigue principale et des intrigues secondaires), vous pouvez utiliser une couleur différente pour chaque intrigue.

Pour finir, il importe de réviser, mettre en doute et amender vos scènes avant de les valider. Sont-elles vraiment indispensables à la compréhension de l’histoire ? Peut-on leur donner plus d’impact ?

 

Voilà, j’espère sincèrement que cet article vous aidera à écrire des scènes captivantes.

On se retrouve prochainement pour un nouvel article sur Vivre d’écriture. Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas.

Frédéric

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